Au Etats-Unis, Hering expérimente, Allen compile, Lippe répertorise et Kent, étoile de la galaxie Hahnemannienne, synthétise la pensée, le discours et la méthode du Maitre de Torgau, y ajoute une louche de Puritanisme et une pincée de l'Illuminisme de Swedenborg tandis que Hempel reste esseulé et que Farrington continue à séduire par la clarté des descriptions.
Kent enrichit et rend vivante la matière médicale minutieusement analysée.
Il compile un répertoire très complet, avec un ordre identique dans l' agencement des chapitres, des rubriques ( du général au particulier) qui permet à l'homoeopathe confirmé de comparer le remède, valorisé en degrés de fréquence du Psychisme au Général en passant par le Local organisé de la tête aux pieds selon le courant énergétique circulatoire.
Du Questionnement comme Passe magnétique .
Dans ses Conférences Philosophiques et L'Homoeopathician, il détaille les " provings " , cisèle les degrés de la hiérarchisation parfait l'individualisation , martelle la répétition , monte l' échelle des dynamisations et de degrés en glissement métaphysique il donne à la Psore la dimension spirituelle qu'Hahnemann avait seulement cotoyé. Elle est l'aura de la Faute primitive, ce désordre moral que chaque enfant à sa naissance répandra comme une contagion dit-il dans la XIXème conférence. Seul le Remède homoeopathiquement Reconnu rétablira l'état originel.
Déja , la querelle Idéologique de la Génétique du Comportement ?
Dieu, la Faute, Le Châtiment , l'Expiation, la Rédemption. Nous sommes plus près du Puritanisme revisité par Swedenborg que de Freud .
Il n' a pas vu Gradiva. .
Il fouille le remède , le délivre des contingences de la substance ,va plus loin qu'hahnemann qui n'oublie pas que le feu est issu de la matière, il peint le patient dont il décrit admirablement la superficialité des symptômes sous l'angle pessimiste du moraliste ,sans en ouvrir l'écorce .
Son influence sera à la mesure de la méticuleuse précision de ses descriptions , tableaux très vivants du malade vu au travers du médicament , de la rigueur qu'il met dans les critères qu'il définit dans la composition du portrait . Elle sera à la mesure aussi de la fascination que cet homme austère et rigoriste inspirera auprès de générations d'homoeopathes eblouis par l'encyclopédisme, l'art narratif , la couleur de l'Image , l'impeccable logique du discours , mais peu attentifs à la pauvreté de l'argumentation même si la description est appuyée par la Somme fouillée des dix volumes de T.F Allen et de Hering.
Kent est un Précheur ,exégète sourcilleux du Livre qu'il enlumine , et c'est pour cela aussi que cet homme séduit encore aujourd'hui , par la vigueur des Principes enseignés qui masque l'oubli de la démonstration ,le défaut de rigueur dans l'Investigation ,l'absence d'Abstraction , et qui fait de l'homoeopathe un Étre Convaincu et Rayonnant à la manière de Barety. Il Numérise le Patient dans le Remède , point de croix de l'étoffe et de l'image raccomodées , de l' histoire faufilée , de son parcours à lui aussi Tramé .
L'homoeopathe et l'hypnotiseur sont dans le Portrait et leTrait .
Des Images et des Pixels de l'Esprit .
Son Parcours mérite le détour sur la grande habilité à faire tourner de virtuels et immuables rouages , sur cette Formidable ( au sens Louis Quatorzième , de Terrifiante ) incapacité à Créer hors des paradigmes cousus un Jour pour Toujours ,sur sa capacité à Attirer ( à Aimanter ?) .
Habile Coloriste , Clerc salué , il ne reste pas comme Inventeur .
Restent les trois degrés et la magie du Portrait
Il y a rapidement schisme entre la recherche originale et pragmatique d'outils de " terrain " enfin déminé de toutes les boursouflures , excroissances, de tous les pièges et digues de la Raison par la vertu amplificatrice des éléments originels subtilement employés et le splendide isolement théologique d'un système replié sur ses dogmes et certitudes , attentif à sa seule Construction qu'il ne cesse de rechercher dans chaque parcelle défrichée, et de rebâtir à la manière Parfaite des Fourmis .
De l' Enfermement - et de la Termitière - de l ' Esprit .
L'alchimie de la Dynamisation devient Bannière et hostie de ce Moi Recombiné d'autant plus attirant qu'il est plus près du Soi par la peinture naïve du trait , par la Procession du remède dans les embarras de l'Inconscient dérangé par cette force amplificatrice et rémanente qui devient Médication par la Vibration de l' Accord partagé .
De L'Évangélisme en Homoeopathie .
Hahnemamn est plus moderne qu'on ne croit .
La perversion est dans la manipulation " scientifique " du rêve aussi indispensable que la froide abstraction , que l'imparable logique du fait démontré , mais que l'on voudrait contre toute évidence enfermer dans les filets d'une démarche où l'imagination - aussi nécessaire à la " guérison " que lasilix dans l'hypertension - n'a rien à faire , sinon " à satisfaire " la narcissique blessure de l'impossible adéquation entre l'imaginaire et le réel , utopie aussi dangereuse que toute simulation de guérison par l'image véhiculée par le granule ,aussi redoutable que toute Parole falsifiée et qui peuvent toutes deux être aussi dévastatrices que toute canalisation de l'esprit " rompu ( e)" .
Quand le Torrent s'echappe de l'Eau...
La Scientification d'une passion trop souvent confondue et/ou réduite à une spéculation potentiellement assistée par ordinateur de notations colligées au fil du temps en critéres par soi même choisis et validés est un exemple de la réduction d'un art à l'artéfact d'une technique détournée de son objet , qui masque l'arbitraire sous l'apparence binaire du code , de la mathématisation de la sensation et restreint le vrai au réel qui veut le nommer , a défaut rassure par l'effet , l'image , qu'on s'accorde à lui donner, fascinante serrure d'un coffre dont les codes comme les nombres sont toujours égarés.
L'étude d'une clientèle d' Homoeopathie est intéressante, celle d'un Hypnotiseur aussi : Les structures sociales à priori éloignées se rejoignent dans la passion du Baquet , la danse virtuelle des Octets , la passivité du Dévoilé , mais aussi dans le Travail énigmatique du Mortier où se mêlent le geste minutieux, passionné de l'homo faber ( Bachelard ) enrichi à la fois de la ferveur de la répétition , de l'élévation de ses réveries mélangées au matériau brut et souvent ardent du patient , alchimiste fermentation qu'on retrouve seulement maintenant dans la transe du questionnement.
De la Distillation en Homoeopathie .
De la Dépendance également.
l 'art, le patient et le remède le sont étroitement ; la réalité , le tableau et le peintre aussi et si l'un fait défaut , l'ensemble n'est plus Vrai.
Des Ensembles en Homoeopathie .
La dépendance est ailleurs , d'autant plus réelle qu'elle plonge autant dans les structures du Soignant que dans celles du Soigné .La Neurobiologie peut déja en dessiner les Traits , la Vie la Signature et Hahnemann le Portrait.
A l'opposé du but recherché ,Il rend le Malade dépendant du Médicament , il l'enchaine sous couvert de le délivrer par l'éxact mécanisme de l'Analyse sans fin , comme il aliène le Remède " en le flagellant , en le fouillant " ( Boerhaave ) en le dépouillant de sa substance pour le doter de propriétés que seul le patient pourra exalter, mythe de l'essence conjointement retrouvée, dont seule l' image peut exprimer la Potentialité .
Le Remède perd non seulement son Ojectivité mais son pouvoir de Liberté, car il va dépendre de qui le donne , de qui le recéle et désormais va le refléter .Le Remède perd sa " naiveté et sa forme " originelles et de dilution en dynamisation , de déformation en métaphore , devient Objet transactionnel et jouet de la seule " fantaisie " où patient et thérapeute dansent le ballet de leurs désirs mutuellement exprimés .
Le Remède devient également Espace Transitionnel et asexué dans sa recherche d'absolu , où va se jouer l'apothéose de l'Accord idéal : la Guérison ,espace et moment virtuels entrelacés , " vide parfait " ,imago toujours révée , toujours fantasmée .
Il va devenir Lien Régressif et Conditionnement opérant où thérapeute et patient vont enchainer et reproduire leurs Archaismes au bout du Questionnement, qui les fait rebondir hors du Temps et cette double oscillation , ce funanbulisme de la raison, restent toujours équivoques du balancement entre Croyance et Savoir , entre Vérité et Réalité entre Doute , chemin de Damas et prémisses de Science.
Le Remède et le Fluide portent le même Masque ,reflétent le même Portrait , exercent le même Attrait, distillent les mêmes Effets .
Deleuze aurait dû décrire ce Cinéma.
La canne n'est pas là où on l' attend, le portrait non plus qui n' exprime qu'un moment de celui qui le vend et le désir de celui qui l'achète .
Tout l'Art est dans le Négoce . Pour Guérir il faut Croire et Acheter .
Donc se Dépouiller .
Ce double mouvement est bien Marchand , la Santé un Traité , la Médecine un Contrat où le Consentement perd maintenant son caractère singulier pour se diluer dans l'uniformité collective.
Le médicament reflète bien l'économie du moment .
l'économiste jb Say a donné une frappante définition de la monnaie : C'est une marchandise divisible au point de se proportionner à l'importance de tout achat , et qui convient infailliblement au possesseur de la marchandise dont on a besoin .
Étonnante métaphore du Remède homoeopathique .
Entre la substance médicamenteuse et le remède , il y a la différence entre troc qui permet mais limite l'échange et monnaie, qui, délivrée des qualités propres de la matière , du métal dont elle est issue ,quantifie l'échange et l' authentifie de la valeur du sceau dont elle est frappée.
Et l'histoire du remède suit le destin de la monnaie , de variations en fluctuations , de l 'empreinte au faux monnayage .
Et perd son pouvoir libératoire , au fur et à mesure que s' amenuise le degré de fin, au fur et à mesure que s'alourdit la taxe qui entrave , laissée à l'arbitraire de qui la délivre.
Les Spécifistes allemands loin de ces préoccupations, restent attachés à une relation de terrain, d'organes, et prescrivent plus volontiers en décimales qu'en centésimales , non en fonction seulement du malade mais selon la nosologie, hérésie originelle toujours résurgente, plus proches de l'hormésis que de la similitude .
L'école Française est illustrée par Vannier : diathése, constitution ,drainage sont ici aussi le trépied magique, le triangle d'or , les draineurs succèdent aux purgeurs, Molière est de retour, tandis que Exégètes, Compilateurs, Vulgarisateurs, se bousculent de Théorisations en Librairies. Les matières médicales physico-chimiques , synthétiques , analytiques etc se succédent : Lathoud, Duprat, Voisin, le sympathique Charette et les autres , s'empilent sur les rayons là où seul Boericke suffirait. Demarque peine à s'extraire de l'hagiographie ordinaire, esquive les " masques " de l'homoeopathie ; le remède s'éloigne peu à peu de l'esprit, l'homeopathie tente un rapprochement avec l'allopathie , hérétique tentation toujours récurrente de la recherche enfouie de la Béquille biochimique qui sourd , réprimée , de tous ces grands travaux.
De la Nevrose ( Obsessionelle ? ) en Homoeopathie .
C'est l'école de Paris et Lausanne Réunies : Rouy et Nebel canalisent, Senn redistribue les Lames avec le tableau de Mendeliev , il explose les barrières toxiniques ; Elmiger dynamitera les barrages de la Matéria Peccans à rafales séquentielles de similinosodes réglés à l'ohmmètre, le Remède recule sous ces tirs compulsifs, Hahnemann se retire.
De la Perversion en Homéopathie.
Cependant le Lyonnais Mure propage la doctrine ( et l'alphabet ) avec la même foi et les mêmes succés dans les épidémies qu'il combat dans les contrées lointaines , comme Perussel son concitoyen, à Marseille et en Champagne . Teste , peu chanceux magnétiseur comme il le confessera, réconcilie le premier Mesmer et Hahnemann au moins dans " l'Avenir Médical "; il tente une remise en ordre de la Matière Médicale, méta-analyse toujours en suspens. Granier reste l'entomologiste oublié de la Pharmacologie déclinée à tous les temps. Mabit à Bordeaux , Tessier à Paris , Rampal à Marseille , Imbert-Gourbeyre à Clermont Ferrand , ces quelques noms disséminés en Metropole et dans les Iles, témoignent de l'intéret que le corps médical porte à l'homoeopathie , au delà des polémiques que Chargé savait si bien entretenir.
Schmidt le Genevois ,petit fils spirituel de Kent par Austin et Gladwin succédés, (res) suscite le courant uniciste en France. Il est à l'homoeopathie ce qu' Erikson est à l'hypnose. Hypnotiseur doué d'un charisme peu commun, fort d'un savoir encyclopédique , de recettes divinatoires ( l'oeil, la main, les nombres, les rythmes...), fin observateur sinon clinicien, à travers Kent, il rend claires et accessibles la doctrine, la méthode. Il amène l'Individualisation à un haut niveau de sophistification par le Répertoire devenu Livre de chevet et pour certains , le " Livre du Père ". Ce furent les Trente Glorieuses de l' Homoeopathie Retrouvée à partir de 1946 et de la rue de l'Hotel de Ville à Lyon, berceau d'une brillante génération qui essaimera au delà du Sillon Rhodanien.
Habile " Situationniste " , Magnétiseur Amoureux , par Kent brillament imposé , il met Hahnemann " en Spectacle " ( Deborg ), avec le même talent que Buonaparte devenu Napoléon : Parti novice , il revient des Océans auréolé d'un prestige renforcé par les rapides succés de Roanne et d' ailleurs
.Lavater de l'homoeopathie dont il scrute les creux et les bosses , il entretient sa Gloire par les brillantes campagnes de téméraires généraux et de bataillons d' " inconscientes " recrues enthousiastes . Enchainés au Spectacle de ce fascinant Imitateur , l' excès d'admiration des fidèles l" aliène " plus sûrement que toute analyse critique , qu'au demeurant il supporte fort peu.
Avides de Savoir , affamés de Conquètes ,jamais lassés du récit de bastions conquis , de forteresses investies, d'intrépides coups de mains sur une médecine aussi vite débordée que les Alpes et les troupes autrichiennes réunies , il écrivent le récit de l' Épopée que personne n'a retrouvé dans le secret de son Cabinet .
Maréchaux couverts d' ors et de gloire par d'improbables victoires ou impécunieux Fantassins des vallées de la Tarentaise et d'ailleurs , les nouveaux fidéles , déçus des manoeuvres de terrain déployées par les insidieuses pratiques de la Science Financière ( Bounan en dénoncera plus tard les concordances dans l'Économie de ce temps ) , à la recherche de cette instantanéité du frisson de la Guérison Donnée comme du Drapeau Planté , ils se rejoignent tous dans le même enthousiasme du Graal de la Guérison .Ils se plongent fièvreusement comme les éléves de Mary Backer dans les Arcanes de la Matière Médicale , dans de brillantes Valorisations aussi audacieuses que les fulgurantes campagnes Impériales - aussi futiles aussi que certaines gymnastiques de repertorisation , décervelages de pensée - sous la férule dictatoriale du Maitre de Genève à qui n'échappe aucune erreur de dialectique et de stratégie , aucune erreur de participes et d'accords . Il devient le Napoléon bienveillant et tâtillon de toute une Europe agenouillée dans l' Enchantement du Remède et du Code comme le Peuple, shaking quaker amassé en grappe autour des arbres de Paris, fût fasciné par le divin harmonica du Mozart de l'Harmonie tout comme les églises baptistes croîtront et se multiplieront sous la parole inspirée et la férule de Mary Backer -Eddy avant une douloureuse campagne de Calomnies , de Russie et l' Oubli .
Le parfum entétant de cette vibrante époque se retrouve dans quelques discrètes venelles où de confidentiels cabinets gardent pieusement la Mémoire Génevoise de Tence en Haute Loire , Sainte Héléne tristement délaissée de la Mémoire des Éclairés.
De la Métaphore ( et ) de l'Oubli en Homoeopathie .
Le Remède reprend donc de la couleur et du tempérament. Bourgarit témoigne de la difficulté de l'initiation, des doutes, de la souffrance à Être. Cet aspect est toujours curieusement occulté. et pourtant l'individuation du médecin homoeopathe, , l'ontologie de cet Être anachronique , dérangeant et toujours présent , son décollement renvoie au Mystérium jungien comme son retrécissement renvoie à pierre Janet , hors les cas heureux de régression spontanée . Broussalian traduit enfin le Répertoire au grand soulagement des fidéles qui peuvent laisser leurs dictionnaires .Il sera critiqué de cette banalisation tronquée du Livre Sacré . Casez décrit et inscrit l'Homoeopathie dans le Quotidien du Patient , Baur est l'historien minutieux de la doctrine introduite par le comte Des Guidi , l' horloger délicat des subtils mécanismes de la divine harmonie ; il sera aussi le savant modérateur d'interminables discussions lexicologiques qu'il régle par une patiente connaissance de la Régle et de son Usage ,Jurisconsulte des incertitudes du Code sinon de la Loi . Seror est le virtuose de la méthode avant de s'éloigner comme certains, lassés de l'individualisation à l'excès. Demangeat lui même, fils aimant mais laborieux exégète, oubliera le livre du père dans le train de Paris.
Les Grognards et les Mameluks Sont Fatigués .
De la Nostalgie en Homoeopathie .
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