HYPNOSE ET METAPHORE

Steinbeck comme Passeur

 

 

le romancier john Steinbeck est né à Salinas , Californie ; La rivière Salinas marquera souvent son oeuvre.

cet auteur est d'origine germanique et irlandaise : de ces deux pays il gardera une certaine sensibilité réveuse et une

communion de l'homme et de la nature: une weltanshauung chère aux romantiques allemands ( Goethe ,

Schiller etc ) entre autres

Plus connu par ses romans sociaux , il donne cependant quelques oeuvres empreintes de ce " fluide magnétique "

où l'homme et ses oeuvres interréagissent avec l'universel qui l'entoure dans une sorte de cosmogonie d'où

émergent les mythes originels - biblique dans ce cas précis -

 

" Une ville ressemble à un animal. Elle possède un système nerveux, une tête, des épaules et des pieds. Chaque ville diffère de toutes les autres : il n'y en a pas deux semblables. Et une ville a des émotions d'ensemble. "

 

Il se définissait de façon assez drôle comme "pigasus" contraction de " pig et de " pegase " cochon volant ,

qui tel le célebre albatros a peine à s'arracher de la terre avant de rejoindre " l'ether " comme le patient à une

certaine difficulté à s'elever seul vers la " perceptude " chère à Roustang .....

un bel exemple : cette oeuvre un peu oubliée " au dieu inconnu " où on trouve la metaphore du Passage

metaphore paradigmique du Réel retrouvé

la Gorge de J Steinbeck peut rappeler par certains aspects Eschyle , Sophocle et et le le défilé de Daulis ( Oedipe )

Homère et le detroit de Messine (Ulysse )

défilés qui tous deux changèrent aussi la destinée des heros , au gré aussi des interprétations successives

ainsi Oedipe revisité par Freud ..... ..

la métaphore dans le travail de la transe en hypnose permet donc au sujet - dans un etat émotionnel particulier

avec quelquefois des modifications corporelles expressives de la transformation - de trouver ou

retrouver un espace cognitif dont il remettra en perspective les contours , ou bien qu'il batira avec

les propres briques qu'il pourra puiser en lui même - grace à cette metaphore portée par le praticien -

Au delà de l'histoire génerale que lecteur retrouvrera avec plaisir en parcourant ce roman , on retient le seul

franchissement par Elizabethde la Gorge, faille au fond de laquelle coule la rivière Salinas ,fil argenté trame de l'histoire,

nouvelle épousée sous la conduite attentive de Joseph son époux en direction de leur nouveau foyer au fond de la vallée ,

cheminement aussi difficultueux que celui du patient .

avec quelques aperçus sur l'etrange personnalité de Joseph

...

car cerécit est en fait une double metaphore que mène magistralement Steinbeck ,

celle d' Elizabeth

c'est en fait le travail de passage de l'etat de jeune fille à l'etat de femme mariée au cours duquel Elizbeth éprouvera et revivra

avant de les vaincre - peur et souffrances sur fonds de paysages grandioses et escarpés avant de retrouver soleil , sérénité

et féminité assumée au bout de la vallée en soleillée .

tout cela magnifiquement campé dans une description magistrale où à la beauté sauvage du décor abrupt

correspond les etats d'âme d' Elizabeth qui " dissocie " sa souffance d'enfant - enfouie dans l'adolescence -comme elle va

dissocier sa peur -reflétée par l'hostilité du paysage- en rebondissant sur la souffrance cosmique de Joseph et son coté rassurant

 

celle de Joseph homme/metaphore

de la distorsion entre le l'universel et le fluide qui relie ses composants ,souffrance dont Joseph est la vivante représentation

, tant sur le plan corporel , que psychique ,et émotionnel

Elisabeth et Joseph vont traverser le défilé dans cette etrange " folie à deux " que Ian Hackhing évoque dans le

"fous voyageurs "..

- la souffrance de la traversée fait oublier à Elizabeth les souffrances de l'enfance "

- la Soufrance de Joseph est le point d'appui de l'accordage d' Elizabeth

-Joseph et Elisabeth deviennent unis " comme le sperme et l'oeuf devenus une seule unité de fécondité "

la néo dissociation d' Hilgard au secours dela dissociation pathogène de Janet ?

les deux metaphores sont liéees comme l'Exterieur avec l'Intérieur

au delà de cette cosmogonie ,on voit déja la complexité de Joseph :

non seulement pont du voyage d'Elizabeth , il est un élément clé de la métaphore :par la souffrance personnelle méléee à la

souffrance universelle , émotion qui se révéle dans l'obscurcissement de la Gorge et qu'il arrive peu à peu à exprimer

représentation de"l'ethnologue initié " qui perdrait sa distance avec l'autre dans les rites et magies d'un quelconque xango par exemple ?

dans la cybernetique de l'hypnose , l'émotion est partagée et interactive

et Meares postulait déja que la réponse hypnotique etait inséparable de" the space between "- cet espace- entre -deux -qui fait

lien interpersonnel , pont émotionnel vers la connaissance retrouvée

l'hypnotiseur devra maitriser cette dissociation cognitvo -émotionnelle pour obtenir le réaccord final du réel ( re) trouvé

ce fait n'est pas suffisamment souligné

 

pour en revenir à la seule Elizabeth

Au fil du voyage on retrouve un canevas type de l'hypnose

, de l'induction , à la transe , à la solution ,

INDUCTION

c'est le depart en train de Monterey par la route de la vallée de Salinas, détachement progressif du quotidien

au fil du rail, Il devient lointain tout comme le paysage jusqu'alors familier, et s'estompe de gare par gare

trajet qui peu à peu détache Elizabeth de l'actuel

puis au chemin de fer succède l'attelage et la poursuite du cheminement en carriole au rythme puissant des chevaux

vers le confluent des rivières : les eaux de la Nuesta Senora disparaisessent , la Salinas va bientôt s'enfoncer et serpenter

dans la gorge bordée d'escarpements abrupts : le chemin - le passage- se dessine lointain et pourtant si près , inquiétant

fil obligé à flanc de la montagne abrupte

" au confluent des deux rivières ,joseph arreta les chevaux pour voir les eaux scintillantes de Nuostra

Serena s'enfonçer paresseusement et disparaitre dans le sable blanc du nouveau lit"

comme le sujet petit à petit avec l'hypnotiseur s'eloigne de son actualité

Steinbeck continue sur le mode descriptif " " les grands saules qui bordaient la route frôlaient leur tête et

parfois une baguette longue et flexible s'attardait comme une caresse sur leurs epaules "

puis la description glisse insensiblement au sensoriel : au toucher , à l'auditif

" les criquets dans les chaudes broussailles faisaient un bruit aigu et perçant , les sauterelles volantes

bondissaient avec un leger vrombissement dans un eclair d'ailes blanches ou jaunes et retombaient à l'abri

des herbes sèches "

et vient l'olfactif

"il y avait dans l'air une odeur d 'herbe roussie qui se mélaient aux senteurs amères de l'écorce des saules

et au parfum des lauriers"

subtil entrelacement des sens qui peu à peu déconnecte de l'actuel tout en gardant le contact avec le réel

tout comme le praticien deconnecte dans le même sens avec ses techniques à lui

" les parfums les couleurs , les sons se repondent " ( Baudelaire )

 

" ils se trouvaient dans un etat voisin du sommeil mais plus inconscient , plus profond que le sommeil "

" pour les 2 jeunes gens , assis derrière les chevaux qui peinaient , l'heure se dissolvait dans l'inconstant

intervalle d'une pensée à l'autre "

Bergson n' pas mieux decrit ce temps qui ne se réduit pas à sa durée mathématique mais au divers moments qui le composent

le praticien doit etre attentif à cette " dissolution " qui - fait peu souligné -le touche aussi :

En accompagnant le patient vers la transe , lui aussi change d'etat de vigilance , s'eloigne du cognitif

vers l'émotionnel

 

ce fait a fait reculer Freud : Il relégue le client sur le canapé ,Lui et ses émotions ne sont toutefois cependant pas hors

de la perception de l'analysé et ce fait doit etre bien maitrisé en hypnose , sans se confondre avec la seule sensation

sans se restreindre à la seule suggestion

l''hypnotiseur - en interéaction avec le patient -doit rester maitre de ce changement d'etat , maitre de la metaphore /source

dans laquelle il ne doit pas s'abimer :

 

" joseph se pencha en avant , et remua la tête pour secouer l'envoûtement , comme un chien secoue l'eau de ses oreilles "

 

l'hypnotiseur - comme Joseph qui sait qu'il arrive à la gorge -

doit mettre desormais en place sa stratégie pour permettre au patient après le " lacher prise " d'aborder la difficulté et à ce stade

il peut ressentir parfois la résistance du patient à affronter ce qui va l'amener à la solution tout comme Elizabeth qui crie sa

peur d'affronter le défilé vertigineux et l'inconnu si différent de ce qu'elle sait jusqu'alors de la vie

Résistance que le praticien devra dépasser voire contourner si bien sûr elle n'est pas structurelle et irréductible

la transe c'est donc le travail du passage de la gorge, le passage de l'enfance à l'âge adulte ,le passage d'une souffrance à

l'autre , celle de l'enfant à celle de l'adulte , le passage de fille à femme sous la conduite de Joseph attentif à guider les pas de

d' Elizabeth à travers le défilé , trajet que chaque hypnotiseur peur construire avec ses propres metaphores ,

 

celle de J Steinbeck est un bel exemple litteraire , sans doute plus universel et adaptable que tous les exemples de livres de

métaphore

elles ne remplaceront jamais celle que l'hypnotiseur construit lui même en fonction du sujet , de sa personnalité , de sa

réactivité et bien sûr de sa problèmatique

la métaphore ,quelle qu'elle soit,du domaine du mythe ou de l'anecdotique , doit donc etre conçue de façon personnalisée

en fonction de la pathologie du sujet et quelle que soit la direction qu'elle prends ensuite au cours de la transe -

elle doit permettre ce travail de passage dont elle est içi toile de fond et palette dont se servira le sujet

pour ( re)trouver le réel au bout de l'émotion

on voit que la metaphore n'est pas une banale histoire mais une translation faite de la couleur ;des bruits, des odeurs de tous

les jours : c'est un décor évocateur où chaque patient peut relire les éléments de sa vie , au gré de l'imaginaire - de l'émotion -

integrer les éléments de sa problèmatique et à son propre grè la deplacer hors de l'espace/temps actuel pour

accéder à une autre dimension où il pourra réaccorder le temps et les axes de sa vie réelle .

Steinbeck dans cet exemple manie à merveille les sensations visuelles , auditives , olfactives pour d'abord déconnecter

Elizabeth de la vie passée qu'elle vient de quitter :

:on l'a vu d'abord le chemin de fer" qui suit un chemin gris et or , entre deux lignes de montagnes puissantes "

,la succession des paysage , les gares et leurs quais de chargement , l'attelage frémissant des chevaux impatients ,

les cahots de la carriole , la route entre les montagnes " qui les accompagnaient de chaque coté , comme les pistes

gigantesques et rudes d'un énorme toboggan "

J steinbeck borde la metaphore

les cahots de la carriole tirée par les puissants chevaux les portent ainsi au défilé- à la transe - où sur fonds de paysage de

beauté sauvage et escarpée , soutenue par Joseph , elle va traverser la gorge pour rejoindre sa nouvelle vie :

" tout ce que j'ai été ou pensé jusqu'à maintenant restera de ce coté -çi du défilé ; de l'autre côté je serai

une femme faite "

travail de deplacement espace/temps puis de construction de la femme mariée qu'elle est désormais ,au bout de la Passe

travail pas facile souligné par le rappel des mots de sa mère " Quand tu seras grande ,Elizabeth, tu connaitras la souffrance

mais ce ne sera pas la souffrance à laquelle tu t'attends .ce sera une souffrance qu'on ne peut guèrir avec un baiser "

et elle ajoute

" je veux y aller maintenant Joseph " soulignant ainsi cette prise de conscience , que Joseph est son passeur

et qu'elle est desomais prète - au delà de ses craintes - à franchir le grand Passage

Elle dépasse son moment de peur et à travers cette evocation de la souffrance elle sait qu'elle quitte les souffrances de

l'enfance pour trouver les souffrances , différentes de la femme épousée , celles de la mère qu'elle deviendra

et si le chemin du défilé est le pont de substitution , l'axe de deplacement de cette sensation

c'est Joseph ,- l'acompagnateur- comme le praticien avec le patient -qui donne sens à la metaphore et eclaire la metamorphose

d' Elizabeth

" l'amertume d'etre femme peut se muer en ravissement "

et dans cette métamorphose c'est toujours Joseph qui la guide et la soutient dans ce cheminement avec en fonds sonore le

murmure de la rivière qui se fend contre le monolithe du rocher dont elle perçoit la froide dureté

superbe image du déchirement salvateur

une fois le passage franchi ,

c'est la nouvelle vallée "le paysage dansait dans le miroitement du soleil et les arbres , des chênes blancs , groupés par petits

clans , s'agitaient légérement au vent "

contraste avec les parois abruptes de la gorge , la froideur de laa pierre qui fendait l'eau...

et puis le village , la vision de l'enfant qui s'estompe comme s'estompe le défilé franchi

emportant avec lui l'amertume d'un temps dépassé

Elizabeth décide alors de passer en plein milieu de la ville

" je serai aussi fière que si j'avais fait quelque chose d'exceptionnel "

comment ne pas retrouver içi l'estime reconquise , la confiance en soi retrouvée comme le patient au

bout d'une séance couronnée de succès ?

" ils me regarderont comme je forcerai à le faire "

défi du phobique qui a surmonté ses tourments , son sentiment de culpabilité , désormais capable de regarder choses et gens

droit dans les yeux , toutes peurs disparues ....

défi de celui qui a pu surmonter sa douleur ou quelque autre traumatisme et se retrouvre pret à une réalité à construire

tout comme Élizabeth devant son foyer à fonder, sa place à déterminer

Au delà de la metaphore d' Elizabeth , le travail de la transe peut aussi se lire " en miroir " dans les pensées de

de Joseph où se condensent le cheminement de la pensée :

à la souffrance de d' Elizabeth repond celle d'un Joseph lui aussi en transe , magistal déplacement litteraire , sur cet homme

déja envahi d' un" feu intense " qui ne fait plus qu'un avec la nature et dont la souffrance de ne pas etre un avec l'universel se

fusionne avec la souffrance de l'homme christ sur la croix ,tout comme à la fin du livre , sonsang se mélera à la pluie

salvatrice de la secheresse de sa chère vallée avec laquelle depuis longtemps il s'est confondu

le procédé litteraire employé par Steinbeck renvoie Joseph à la cosmogonie origielle , içi celle dela genèse

-après la figuration de l'ethnologue/initié,

- on peut se demander si Joseph n'est pas aussi une représentation litteraire de ces personnalités multiples si présentes

aux USA dès la fin du xixème siècle

-en tout cas il correspond bien au type de migrant -" FOU VOYAGEUR " ? - vers l'ouest- go west young man -

à la fois attaché à sa charrue , à la fois fusionnel avec la terre nourricière qui l'attire comme un aimant :

 

"face à ce paysage grandiose sa pensée profonde s'envole "

et là inversion litteraire audacieuse " ses yeux s'agrandirent et il se sentit en transe "

j'ai pensé sans l'aide des mots ...... laisse moi , pendant un moment , avancer à tatons à travers les mots , les eprouver , les

essayer . Nous voici au passage ent re la réalité et la pureté , la réalité définitive non défigurée par les sens " ...... voici notre

mariage - à travers la gorge- ... Elizabeth le mariage de toute éternité est contenue dans notre moment "

 

espace de temps qui echappe à toute durée mathématique

la Pensée mouvante de Steinbeck quelque part rejoint Bergson

bien sûr , l'hypnotiseur se gardera de cette " folie à deux "et il gardera la maitrise de la réponse émotionnelle

mais au delà du procédé litteraire , ceci souligne l'interréactivité du praticien qui devra trouver l'accord necessaire pour que le

patient " en miroir " trouve le chemin du travail necessaire au réaccord nécessaire sans se perdre dans les méandres d'un

imaginaire désordonné ,echappé de la métaphore du praticien

Elizabeth ratifie ce passage :

" je vais y aller Joseph , dit-elle lamentablement ; il faut que j'y aille mais je vais me laisser moi même en arrière ;Je ne me

reverrai plus que debout à cet endroit , regardant la nouvelle Elizabeth qui sera de l'autre côté ......Tout ce que j'ai été ou

pensé jusqu 'à maintenant restera ce coté du défilé su défilé . de l'autrecoté je serai une femme faite

"Elizabeth devient l'observateur non pas seulement caché (Hilgard ) mais aussi actif de sa propre transformation

elle se saisit de sa souffrance - par le paysage de la gorge interposée- rebondit sur celle de Joseph et deplace la sienne

de douleur d'enfant - d'avant - à celle de la femme faite qu'elle sera au débouché de la gorge

torsion de l'actuel au réel , de l'émotion et de la cognition que permet la metaphore dans la transe ..

et la fiction litteraire de Steinbeck montre bien que dans cette cybernetique ,le praticien n'est pas simplement un pont ; Ce

n'est pas un syntoniseur puisqu'il n'y a pas de fréquence imposéee par l'un ou l'autre sur la quelle se caler mais bien un

accord de pensées analogiques , émotionelles à partir desquelles se " creeront le réel " selon l'heureuse formule de Melchior

Cette phase du roman de Steinbeck est capitale pour comprendre que le travail est double , celui de l'hypnotiseur celui de

l'hypnotisé et qu'il y a, non seulement miroir des pensées ( au sens de Rizzolatti) mais accordage sensori-intellectuel entre les

deux pour mener à bon port au bout de la transe cet etrange attelage comme le chariot de Joseph déboule de la gorge à la

nouvelle vallée

 

on a donc içi une magistale description litteraire de la metaphore , passage /translation d'une situation donnée à une autre bien

différente qui permet de revenir à l'analyse de la metaphore

" le mot de métaphore sert à désigner des phénomènes mal circonscrits et si variés qu'il n'est pas toujours facile de savoir de

quoi l'on parle au juste" (ireneTamba -Mecz, ).

ailleurs- entre rhetorique et philosophie - ce sujet est l'objet d'etudes et d'exégéses aussi approfondies qu'arides , d' Aristote à

Lacan , entre Derrida et Ricoeur

 

le site info-metaphore.com permet une approche exhaustive de la complexite de cette rhétorique si difficile à definir que sur ce

seul site on ne trouve pas moins de 120 définitions plus complexes les unes que les autres

on va partir d' Aristote pour essayer de la cerner en rappelant les imprecisions

Aristote : La métaphore est le transport à une chose d'un nom qui en désigne un autre, transport ou du genre à l'espèce, ou de

l'espèce au genre ou de l'espèce à l'espèce ou d'après le rapport d'analogie

 

et plus simplment le petit Robert : Transfert de sens par substitution analogique

 

dont on tire le déplacement d'un espace/temps actuel à un espace /temps réel

 

sans entrer dans la complexité des analyses de la metaphore , on a là l'essentiel des éléments qui vont expliquer l'interet de la

metaphore en hypnose

 

mais d'abord un rappel

la metaphore est semiotique c'est à dire s'inscrit dans le domaine de la signification ,

-de sa production à sa communication

- de l'évocation à la translation sinon l'extrapolation

/qu'elle soit non verbale ( gestuelle , visuelle , auditive e tc )

/qu'elle soit verbale

et là on retrouve

- la linguistique - le langage -

- la rhetorique -l'art de bien parler -

le substrat commun etant l'imitation , clé de la "torsion " ( Derrida ) entre l'actuel et le réel , epissage au coeur de la trame de

l'hypnose

on voit déja se complexifier ce que beaucoup considérent comme une banale ressource en hypnose mais qui est en réalité un

process complexe dont la connaissance permet d'analyser de façon plus fine les " jeux " multiples qui peuvent déterminer le

mouvement et le sens de la "Solution "....

..

-LA METAPHORE EST RUPTURE PORTEUR DE CHANGEMENT

-RUPTURE ENTRE L'ACTUEL ET LE RÉEL

-DEPLACEMENT DU CURSEUR de L'AXE ESPACE/TEMPS

Elle n'est pas seulement linéaire , narrative comme le conte ou n'importe quelle histoire

Elle est créatrice par sa dispersion de l'espace/temps actuel

Elle remonte à la protohistoire de l'humanité dont elle suit la longue marche

 

avant d'ete verbale ; il ya tout un passage non verbal basé sur l'imitation et recoupant bien la théorie du neurone en miroir de

Rizzolatti

le chasseur primitif par sa gestuelle fait comprendre à la troupe la demarche de la chasse ; l'approche , le placement ,

l'attaque du gibier :toute cette mimique s futt vites codifiée dans les premiers protocoles initiateurs de la quete de subssistance :

le geste devient dynamique opérante de ce processus vital , vite rituel

il en est de même du cueilleur , sa mimique et sa gestuelle - par l'imitation -est instructive pour le clan

la metaphore est bien primitivement non verbale

au fur et à mesure du developpement humain la Gestuelle s'accompagne du Son facilement imitable puis progressivement

se develppera la parole et la phrase au fur et à mesure que se perfectionne le larynx et les sons deviennent langage

et verbalisations dont certaines deviennet routinières accompagnéees de procédures répétitives où se mèlent paroles

considérées comme sacrées , décoctions facilitantes , gestuelles declinées en danses propices à la transe , musiques diverses

 

s'intallent donc rituels et magie et c'est le depart du chamanisme et des medecins sacrées en particulier

dont progressivement au fil du temps l'hypnose se détachera sans quitter totalement l'aspect " poudre de sympathie ",

" fluide universel " qu'elle garde encore sous le nom d' empathie pendant que les avancées de la science nous permettent de

mieux apprehender le substat neuronatomique et physiologique de ce comportement et de le sortir de l'ideologie et de la

philosophie ( conscience , inconscience subconscience ) pour l'integrer dans le champ de la connaissance .

on sait en effet qu'au delà de l'excitation neuronale générale non systématisée qu'induisent par exemple stress , traumatismes

douleurs ou tout autre situation pathogène ,sous hypnose il y a à la fois diminution de cet etat frustre et réorganisation des

circuits d'activité neuronale centrés sur certaines aires hypthalamiques et préfrontales en particulier sans que ceci soit

spécifique mais se reproduit dans tous les process de memoire , d'attention et de modifications de comportement : il n'y a

heureusement pas d'aires spécifiques dédiées à l'hypnose même si en imagerie fonctionelle ( irmf , pet scan ) on peut y

retrouver des activations évocatrices de cette réorganisation comme celles de tout processus d'adaptation à une situatio

n donnée

ceci correspond à nos connaissances actuelles sur pensée et support neuro bio physiologique qu'objectivent l'imagerie

et la biochimie cerebrales

la métaphore est un facteur facilitant certain de cette transe hypnotique et des modifications neurobiophysiologiques

Mesmer le laîque et ses precurseurs amoureux de reliques sont à la fois très loin mais aussi toujours présents dans cette

etrange relation où praticien et sujet entretiennent une double relation interactive - veritable cybernétique - sur fonds de

décor de la metaphore popularisée par Erickson et ses disciples , propice au changement .

ce changement n'est pas une suggestion directe de l'hypnotiseur mais un veritable travail que fait le sujet à partir de la situation

imaginée par l'hypnotiseur que le sujet s'approprie et où il pourra puiser - ou par analogie - trouver d'autres éléments propres

à son déplacement de la situation actuelle pour retrouver le réel dans un scenario qui peut etre différent de l'originel préparé

par l'hypnotiseur

ceci dans un autre espace/temps que symbolise la transe où il va sinon se réaccorder , au moins trouver les éléments de la

solution à son problème

l'observateur caché devient aussi observateur avisé , notion peu explorée

Ainsi Elizabeth se "dissocie " de la souffrance de l'enfance et mets en place les élements de sa future vie de femme dans

son foyer , dans la societe où elle va vivre

elle est observateur cachéee de la dissolution de son etat de jeune fille et observateur avisé de sa maturité

Il est donc necessaire de porter un regard neuf sur la metaphore en s'aidant de la semiotique et de la rhetorique , en

abandonnant toute comparaison plus ou moins fleurie car bien sûr la metaphore est tout sauf une comparaison ,tout

sauf une similitude, tout sauf un conte au sens litteral du terme, mais un theatre où entre l'imaginaire

du praticien centré sur la demande et l'imaginaire du patient centré sur la solution , se joue la pièce du

patient , acteur de son changement tout au long de ce déplacement dans le champ de sa

Connaissance

interactif , ce scénario n'est pas figé mais suceptible des variations que lui donnera le sujet

non litteratif , il ne fige pas non plus le patient dans une direction forcée ou suggérée

mais laisse libre cours - au cours de la transe - c'est à dire dans une perception de connaissance etendue -

soit à la résurgence thérapeutique des éléments pathogènes , soit à la maitrise des mecanismes amenant -dans un espace/temps

hors de l'actuel - vers une solution acceptable dans le réel

d'où l'extrème variabilité de l'hypnose et de ses résultats

les termes de profondeur de la transe , de regression en âge paraissent bien inadéquats devant cette translation , devant cette

réminiscence qui peut parfois devenir reviviscence pour ne pas utiliser le terme de catharsis .

et de cela la metaphore est un puissant levier.

On ne peut clore ce sujet sans dépasser l'interet de la seule metaphore verbale , en soulignant le rôle de la musique - bien

connu - celui de l'olfaction - moins connu et pourtant il existe déja en France ( Garches ) un laboratoire olfactif expérimental

dont le but est de trouver par l'odeur la mémoire de faits disparus ou enfouis et pourquoi pas alors -si les résultats

s'avéraient concluants - acquérir des perceptions nouvelles supportées par les fragances

on voit donc qu'au delà du verbal , la metaphore peut prendre tous les aspects sensori moteurs à notre disposition

et un pas - ou un pont plus loin - le monde virtuel lui aussi ouvre des possibilités - pour la plupart encore virtuelles -- mais

certainement destinées à devenir une voie d'exploration dans un futur peut etre pas si lointain

 

au delà du jeu interactif déja urtilisé dans les TCC ,au delà des technologies haptiques , difficiles à mettre couramment

en oeuvre actuellement - et pourtant promesses d'interactions fort interessantes entre emotions -/intentions /décisions , au delà

des murs d'images changeant selon les pathologies et modifiables par le patient , au delà des avatars de second life qui

peuvent mettre le sujet en situation de réagir de son propre grè à telle problèmatique en lui autorisant toutes les corrections

necessaires

, on peut supposer l'evolution de la metaphore actuellment restreinte - l'entre-deux - vers un mode de type " pervasif "

 

"Le Réseau Pervasif est un réseau omniprésent. Ses composantes sont transparentes à l'utilisateur final ; il est toujours ouvert, assurant une permanence de la connexion en tout lieu; il est agnostique en terme d'applications puisque fondé sur les protocoles qui regissent Internet "( rafi Haladjian )

 

réseau de données et banque d' elements "agnostiques " d'origines diverses où chacun pourrait se relier ,sans se lier

de quelque façon que ce soit à une unité centrale précise

Baudelaire l' a ecrit :

" tout l'univers visible n'est qu'un magasin d'images et de signes "

la Métaphore est la gerbe et la moisson du champ symbolique d'un nouvel avenir dont elle autorise le regain

même si bien sûr elle n'est pas le seul outil en hypnose

 

retour au baquet du fluide magnétique universel où barbotent avec tant de talent bien de nos grands ecrivains tels Balzac , Hugo etc ?

 

bibliographie

John steinbeck : au dieu inconnu folio

h BERGSON: la Pensée et le Mouvant ( PUF)

HILGARD : Dissociation and theory of Hypnosis in E Fromm et Nash ( eds) contempory hypnosis research 69-101 N Y Guilford

P Janet : l'automatisme psychologique

Maud Mannoni et G Haag le travail de laMetaphore ( Denoel )

RICOEUR / DERRIDA l'enjeu de la Metaphore - philosophies /Etudes

RIZZOLATTI /SINIGAGLIA les neurones miroirs ( odile Jacob )

 

 

 

Alain Lemoyne de Vernon

Docteur en Medecine

06000 Nice

alain @devernon.org

http//www.devernon.org

Nice le 07/04/2008

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